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N... comme nécessité

 

Nations

Les grandes nations modernes sont des agrégats de races diverses, dont l'âme a été unifiée par un long passé de vie commune, d'intérêts, de croyances et de sentiments identiques. (Hier et demain)

Nature

Dans l'ordre naturel, la force seule est reine, et il n'y a d'autres droits que ceux que l'individu peut faire valoir les armes à la main. La nature n'est pas une mère bienfaisante veillant avec un soin égal sur tous les êtres enfantés par elle. C'est une marâtre barbare, qui sacrifie toujours sans pitié les faibles au profit des forts, et ne sait réaliser les perfectionnements des êtres que par ces sacrifices mêmes. Tout n'est pas bien sortant de ses mains, comme le voulait Rousseau, et l'histoire de l'humanité n'est que la longue épopée des luttes soutenues contre elle. (L'Homme et les sociétés)

On peut affirmer que l'histoire du monde n'a nulle part été interrompue brusquement, et que la nature n'a jamais procédé par bonds. (L'Homme et les sociétés)

Si la nature n'avait pas été impitoyable envers les faibles, le monde serait peuplé de monstres, et aucune civilisation n'aurait pu éclore. (Aphorismes du temps présent)

La nature impose toujours aux êtres cet impérieux dilemme : s'adapter ou disparaître. (Psychologie des temps nouveaux)

La nature poursuit son chemin sans se soucier de nos théories. C'est à nous de nous préoccuper de ses lois si nous ne voulons pas être écrasés par elle. (L'influence de la race dans l'histoire)

Nécessité

Le rôle de la nécessité comme élément créateur apparaît dans tous les phénomènes de la nature. Cette notion moderne ne correspond nullement à l'antique idée de fatalité. Elle signifie simplement que chaque phénomène est rigoureusement déterminé par certaines causes. Le noir charbon devient nécessairement un diamant scintillant quand se manifestent certaines conditions de milieu. L'eau devient nécessairement liquide, solide ou gazeuse sous des influences fixes. Cette notion de nécessité ne constitue pas d'ailleurs une simplification des phénomènes. Leur interprétation est bien plus compliquée en réalité qu'à l'époque où la divine providence fournissait une explication universelle des choses. (Bases scientifiques d'une philosophie de l'Histoire)

Ce qui est vrai pour l'univers et les êtres qui l'habitent, est vrai également pour les sociétés ; dans leur évolution les secondes obéissent, comme les premiers, à des lois rigoureuses ; les évènements humains forment une trame de nécessités dont chaque anneau est aussi étroitement lié à ceux qui le précèdent qu'à ceux qui le suivent ; les sociétés actuelles sont les résultats nécessaires d'un passé d'une immense longueur, et portent en elles le germe de toutes les transformations qu'elles sont fatalement destinées à subir encore. (L'Homme et les sociétés)

L'homme, jadis gouverné par ses dieux et ses rois, est régi désormais par un engrenage de nécessités qui ne fléchissent pas. Les conditions d'existence de chaque pays deviennent toujours davantage subordonnées aux lois imposées par les relations commerciales et industrielles entre les peuples. (Psychologie de l'éducation)

Niveau de vie

L'antagonisme entre patrons et ouvriers, c'est-à-dire entre le capital et le travail, antagonisme tout à fait exceptionnel sous l'ancien régime des corporations, est aujourd'hui la règle. Loin de voir dans l'élévation croissante de son salaire un motif d'épargne ou un moyen de s'instruire ou de mieux élever les siens, l'ouvrier n'y trouve trop souvent que le moyen de satisfaire ses appétits et son goût pour les distractions et les vices les plus grossiers. [...] Loin donc de diminuer les différences existant jadis entre classes, et qui n'étaient souvent que nominales, la civilisation moderne a eu pour résultat d'agrandir moralement et intellectuellement ces différences. (L'Homme et les sociétés)

Nomades

Pour eux, s'attacher à la terre c'est dire adieu à la liberté, l'homme fixé au sol étant fatalement destiné à avoir bientôt un maître. Le nomade ne possède que sa liberté, mais ce bien est supérieur pour lui à tous les autres et il a su le conserver intact à travers les âges. Tous les conquérants : grecs, romains, perses, etc., qui ont dominé le monde n'ont jamais pu l'asservir. Toute domination des nomades sera toujours éphémère et ne pourra même s'établir d'une façon éphémère qu'à la condition que les nomades soient combattus par des nomades. (La Civilisation des Arabes)

Vouloir obliger des nomades, chez lesquels l'hérédité a fixé des habitudes devenues une seconde nature, à mener une vie sédentaire et à se livrer à l'agriculture, serait aussi difficile que d'empêcher un chien de chasse de suivre le gibier. Une telle entreprise est l'œuvre des siècles, non celle d'un jour. (La Civilisation des Arabes)

Nombre

Le poids du nombre cherche chaque jour davantage à se substituer au poids de l'intelligence. (La Psychologie politique et la défense sociale)

La civilisation décline quand l'individu revient à l'état grégaire, c'est-à-dire se soumet de plus en plus à l'influence du nombre. (Bases scientifiques d'une philosophie de l'Histoire)

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