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R... comme révolution

 

Race

L'âme d'une race régit sa destinée. Il faut des générations pour la créer, et peu d'années pour la perdre. (Hier et demain)

La race est la pierre angulaire sur laquelle repose l'équilibre des nations. Elle représente ce qu'il y a de plus stable dans la vie d'un peuple. Des croisements répétés pouvant la dissocier, l'influence des étrangers est fort dangereuse. De tels croisements détruisirent jadis la grandeur de Rome. Elle perdit sa puissance en perdant son âme. (Hier et demain)

On ne change pas de race en changeant de latitude. (Hier et demain)

L'âme des races a des frontières qui ne se franchissent pas. (Hier et demain)

Ce qui constitue la supériorité d'une race sur une autre, c'est que la race supérieure contient beaucoup plus de crânes volumineux que la race inférieure. (Recherches anatomiques et mathématiques sur les variations de volume du crâne)

Faire vivre sous la même loi des peuples de races différentes, et ayant des sentiments différents est une entreprise d'une difficulté considérable. Elle n'est possible, le plus souvent, qu'au moyen d'une compression très dure. (La Civilisation des Arabes)

C'est en vain qu'on demanderait aux caractères anatomiques les moyens de différencier les races. La couleur de la peau ou des cheveux, la forme ou le volume du crâne ne permettent que des catégories grossières. La psychologie seule permet de distinguer les différences existant entre les diverses races. (L'influence de la race dans l'histoire)

La race doit être considérée comme un être permanent, affranchi du temps, composé non seulement des individus vivants qui le constituent à un moment donné, mais aussi de la longue série des morts que furent ses ancêtres. Pour comprendre la vraie signification de la race, il faut la prolonger à la fois dans le passé et dans l'avenir. (Rôle du caractère dans la vie des peuples)

Les guerres provoquées par des haines de races peuvent se reculer, mais ne s'évitent pas. (Hier et demain)

Par suite des croisements innombrables effectués depuis des siècles, il n'existe actuellement à la surface du globe qu'un bien petit nombre de races qu'on puisse considérer comme pures. Les habitants d'une contrée quelconque sont généralement le résultat d'un mélange d'éléments fort complexes d'origines très diverses. (L'Homme et les sociétés)

Raison

Ce n'est pas avec la raison, c'est le plus souvent contre elle, que s'édifient les croyances capables d'ébranler le monde. (Hier et demain)

Dans sa lutte éternelle contre la raison, le sentiment n'a jamais été vaincu. (Psychologie des foules)

La raison sert beaucoup plus à justifier la conduite qu'à la diriger. (Hier et demain)

La raison n'intervient guère dans la plupart de nos résolutions et de nos actions que pour trouver après coup des motifs pour les justifier, et, dupe d'une vaine illusion, elle prend ces justifications pour les motifs mêmes qui les ont causées. (L'Homme et les sociétés)

C'est la passion, et non la froide raison, qui conduit les foules. La raison peut instruire l'homme, elle ne saurait créer une religion pour lui. C'est aux hallucinés qu'appartient ce rôle. Le monde n'en a jamais manqué. (L'Homme et les sociétés)

À n'écouter que la raison, quel est l'homme qui consentirait à consacrer son existence à la poursuite de chimères dont il connaît la vanité aussitôt qu'il peut les atteindre ? (L'Homme et les sociétés)

Ratiocinations

Les dissertations sur la vanité des choses et sur les mystères qui nous enveloppent ne doivent pas trop retenir nos pensées. La vraie sagesse est de suivre sa destinée, sans se préoccuper des buts mystérieux d'un univers que nous ne comprenons pas. Que serait la vie des éphémères ne vivant qu'un jour s'ils employaient leur temps à disserter sur la brièveté de ce seul jour ? (Hier et demain)

Relations

Le caractère et l'intelligence étant rarement réunis, il faut se résigner à choisir ses amis pour leur caractère et ses relations pour leur intelligence. (Aphorismes du temps présent)

Relations commerciales

Les multiples moyens actuels de communication ont rendu les peuples tellement solidaires que l'action de leur gouvernement est souvent inférieur à celle de leurs relations commerciales. (Bases scientifiques d'une philosophie de l'Histoire)

Relations internationales

Nul ne peut espérer conserver aujourd'hui que ce qu'il est assez fort pour défendre. Ou vainqueur ou vaincu, ou gibier ou chasseur. Des temps modernes telle est la loi. Lorsqu'il s'agit de relations entre peuples, les mots de justice et d'équité perdent toute sanction, par suite toute valeur. Ce sont de vagues formules analogues aux protestations banales par lesquelles nos missives se terminent. Tout le monde les emploie ; elles ne trompent personne. (La Civilisation des Arabes)

Religion(s)

Il n'y a guère de religions dont les principes moraux ne soient excellents. Ce qu'il importe de connaître quand on étudie un peuple, ce ne sont pas les vertus qu'on lui enseigne, mais bien celles qu'il pratique. L'observation démontre que la ressemblance existant entre les premières et les secondes est généralement très faible. (La Civilisation des Arabes)

Il suffit d'avoir un peu parcouru le monde, et étudié les hommes ailleurs que dans les livres, pour reconnaître que la religion est tout à fait indépendante de la morale. S'il y avait parenté réelle entre elles, les peuples les plus religieux seraient les plus moraux ; et il s'en faut de beaucoup, en réalité, qu'il en soit ainsi. [...] Toutes les religions ont des principes de morale excellents, et s'ils étaient observés, l'âge d'or régnerait sur la terre. (La Civilisation des Arabes)

En donnant aux hommes l'espoir d'une éternité heureuse, les religions ont été beaucoup plus utiles à l'humanité que toutes les philosophies réunies. (Aphorismes du temps présent)

Les religions constituent une force à utiliser non à détruire. L'histoire montre que c'est avec leur appui que les grandes civilisations se sont créées. Créatrices d'espoirs, soutiens des faibles et des déshérités, elles furent toujours l'asile de ceux que le destin condamnaient à souffrir. Seules, elles ont su adoucir la désespérante horreur de la mort. (La Psychologie politique et la défense sociale)

Religiosité

L'homme réussira-t-il jamais à se soustraire à ce besoin religieux qui est au fond de lui-même ? Cela est bien douteux, et sans doute le dernier homme exhalera son dernier soupir en invoquant encore ces vains mais puissants fantômes que sont les dieux. (L'Homme et les sociétés)

Répression

Une répression énergique momentanée est beaucoup plus efficace qu'une répression faible et continue. (Aphorismes du temps présent)

Peut-on compter sur l'action de lois répressives pour stabiliser la conduite ? L'expérience a, depuis longtemps, négativement répondu. Les lois répressives constituent même une des plus dangereuses illusions de l'âge moderne. Les statistiques démontrent, en effet, que nos sanctions juridiques n'ont d'autre résultat que de créer des récidivistes, ce qui est le contraire du but proposé. (Bases scientifiques d'une philosophie de l'Histoire)

[...] les neuf dixièmes des criminels n'étant pas améliorables et le nombre des récidivistes augmentant constamment et se montrant de plus en plus dangereux après chaque condamnation, les codes de l'avenir se borneront, comme je le soutiens depuis longtemps, à ces deux sanctions : premier délit, condamnation avec sursis ; second délit, déportation dans une colonie lointaine. (Bases scientifiques d'une philosophie de l'Histoire)

Résistance

La force de résistance d'un peuple grandit immensément quand il a pour ennemi un dévastateur sans pitié, menaçant les faibles d'une servitude sans espoir. (Hier et demain)

Révolutions(s)

Les révolutions n'ont généralement pour résultat qu'un déplacement de servitude. (Aphorismes du temps présent)

Une révolution ne fait que substituer un nouvel arbitraire à l'ancien. (Hier et demain)

Une révolution, à ses débuts, ne se gouverne pas plus qu'une avalanche pendant sa chute. (Hier et demain)

Aucune analogie à établir entre la Révolution française et la Révolution russe. La première fut faite par des bourgeois instruits, la seconde par des ouvriers et des paysans illettrés dont le niveau mental ne dépasse guère celui des anciens Scythes. (Hier et demain)

La Révolution russe a simplement substitué à un rigoureux régime un régime plus dur encore. Elle a de nouveau montré que les peuples ont les gouvernements qu'ils méritent. (Hier et demain)

Certaines révolutions, telles que la Révolution russe, détruisent en quelques mois l'œuvre d'agrégation réalisée par des siècles d'efforts. (Hier et demain)

Les seules vraies révolutions sont celles qui renouvellent les croyances fondamentales d'un peuple. Elles ont toujours été fort rares. Seul, ordinairement, le nom des convictions se transforme. La foi change d'objet, mais ne meurt jamais. (Opinions et croyances)

L'histoire ne s'occupe guère que des révolutions politiques, mais ce sont seulement les révolutions scientifiques et industrielles qui exercent une influence durable dans l'existence des hommes. (L'Homme et les sociétés)

Les brusques révolutions politiques, qui frappent le plus les historiens, sont parfois les moins importantes. Les grandes révolutions sont celles des mœurs et des pensées. (La Révolution française et le psychologie des révolutions)

Les grandes révolutions commencent généralement par en haut et non par en bas, mais quand le peuple a été déchaîné, c'est à lui qu'elles doivent leur force. (La Révolution française et le psychologie des révolutions)

Les grands mouvements populaires ne sont jamais un résultat de la raison, mais le plus souvent une lutte contre la raison. (La Psychologie politique et la défense sociale)

Risque (goût du)

L'amour du risque est un élément de notre nature. Il se traduit de diverses façons . jeu, chasses dangereuses, combats, explorations, etc. Aucun conquérant, aucun fondateur d'empire, n'atteignit le succès sans aventurer plusieurs fois sa fortune sur la table de jeu du destin. (Enseignements psychologiques de la guerre européenne)

Rites

Les rites et les symboles fondamentaux d'un peuple sont des créations de ses ancêtres. (Aphorismes du temps présent)

Les rites évitent à l'homme l'incertitude. Grâce à eux, il sait, sans réfléchir, ce qui doit être dit et fait en toutes circonstances. (Aphorismes du temps présent)

Russe

Le Russe a une âme de primitif et reste inapte a se diriger lui-même. Le knout et les convictions mystiques sont les uniques éléments ayant réussi jusqu'ici à le conduire. (Psychologie des temps nouveaux)

Russie soviétique

Les nations qu'on peut qualifier d'instables : russes et balkaniques par exemple, n'ont d'autre élément de fixité que la volonté transitoire de chefs assez forts pour imposer leurs lois. Avec la disparition de ces chefs, l'unification s'évanouit. Ainsi s'explique l'histoire de ces grands empires asiatiques dont la décadence fut aussi rapide que la grandeur. (Bases scientifiques d'une philosophie de l'Histoire)

Seule, la Russie a semblé faire triompher les théories conférant le droit de gouvernement au nombre*. Mais en réalité, elle ne se maintient que parce que le nombre n'y possède aucune autorité réelle et que les formes de pouvoir y sont détenues par une dictature policière plus oppressive encore que celle des anciens tsars. (Bases scientifiques d'une philosophie de l'Histoire)

* Rappelons que ces lignes ont été écrites en 1931.

La Russie* est la seule nation européenne qui pourra bénéficier de la grande lutte économique qui se prépare. (Revue Scientifique)

* Selon Le Bon, les autres superpuissances du XXIe siècle seraient les USA, la Chine et le Japon.

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